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Signez notre pétition : Dites "non" au déremboursement de la Trabectedine !

Pour la première fois de son histoire associative, Info Sarcomes se lance dans une action militante auprès du Ministère de la Santé afin d'exprimer son désaccord quant à la décision de déremboursement de la Trabectedine (Yondelis - Pharmamar) dans le traitement des sarcomes des tissus mous métastatiques ayant échoué à la Doxorubicine et/ou à l'Ifosfamide.

L'heure est grave ! Si nous n'agissons pas, les hôpitaux n'auront définitivement plus le droit de prescrire ni d'administrer de la Trabectedine aux patients atteints de sarcomes des tissus mous métastatiques en situation de rechute ou de progression et ce médicament disparaitra à tout jamais des options thérapeutiques envisageables dans cette indication, condamnant de ce fait les malades à un devenir des plus funestes. Face à l'urgence de la sitution, nous avons décidé, en accord avec les médecins du Groupe Sarcomes Français de nous lancer dans une action collective et de mettre en place une pétition afin de recueillir un maximum de soutien. En parallèle, l'association a publié début août, une newsletter spéciale visant à informer l'opinion de la situation plus que préoccupante que nous rencontrons et qui risque bien de s'étendre à d'autres médicaments vitaux, dans d'autres types de cancers, si nous ne nous mobilisons pas maintenant. D'avance, merci de votre soutien...


Condamnés à mort !

Voilà ce que nous sommes ! Voilà le sort que réservent les autorités de santé françaises aux patients atteints de sarcomes si nous ne nous mobilisons pas pour faire entendre nos voix et défendre nos droits.


Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, les malades français pouvaient rapidement bénéficier des innovations thérapeutiques à travers des programmes d’accès tels que les PPT et les ATU mais depuis près de trois ans, nous ne pouvons que constater une préoccupante dégradation de ce système et le déremboursement récent de certains médicaments anti-cancéreux vient très clairement placer les patients français dans une situation défavorable par rapport aux autres malades européens.

Depuis 2009 et la triste affaire du Médiator, les instances de santé françaises, se livrent régulièrement à des opérations dites « de grand nettoyage » de la pharmacopée française qu’elles s’emploient d’ailleurs à faire relayer massivement dans les médias. Après la liste des « 77 médicaments sous surveillance » diffusée à la hâte par les autorités de santé qui, dans leur empressement à se racheter une conduite et faire oublier leurs négligences passées, avaient complètement sous-estimé la panique et la confusion que la diffusion d’une telle liste sans explication préalable pourrait générer chez les malades concernés, et négligé l’impact délétère que l’instauration subite d’un tel climat de méfiance pourrait avoir sur la recherche clinique française déjà en grande souffrance dans notre pays, le magazine « Prescrire » s’est à son tour offert cet hiver sa propre curée en diffusant sa liste « des médicaments à écarter…pour mieux soigner ». Parmi la trentaine de médicaments montrés du doigt, toutes pathologies confondues,  figure la trabectedine (Yondelis® - Pharmamar) critiquée, sans argument scientifique, pour son inefficacité et « ses effets indésirables graves très fréquents » (ce qui est, rappelons-le le cas de beaucoup de chimiothérapies cytotoxiques de longue date, très connues, mais cela est possiblement moins gênant lorsque ces traitements sont de moindres coûts…).
La légèreté scientifique avec laquelle cette nouvelle liste a été élaborée pourrait prêter à sourire si le document en question n’avait pas fait l’objet, en février dernier, d’un nouvel article du Figaro, dans lequel  Marisol Touraine, actuelle Ministre des affaires sociales et de la santé, jugeait ce travail « extrêmement positif »…

L’inquiétude face à ce positionnement ministériel est réelle car dans le domaine des sarcomes qui est le nôtre, cela fait plusieurs mois maintenant que nous assistons impuissants à la disparition « en sourdine » de la Trabectedine. Ce n'est malheureusement pas la première fois que les sarcomes se trouvent confrontés à cette triste réalité puisqu' il y a près de trois ans, certains ont déjà subi le refus de remboursement du MEPACT, seul médicament ayant pourtant démontré une amélioration de la survie globale chez les personnes porteuses d'ostéosarcomes, alors même que ce médicament est disponible dans les pays voisins...

Bien que bénéficiant d'une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) européenne émise par l'Agence de Médecine Européenne (EMA) pour le traitements des patients atteints sarcomes des tissus mous avancés dont la maladie échappe à la doxorubicine et/ou à l'ifosfamide, et disponible dans tous les pays européens voisins (Allemagne, Espagne, Italie, Pays-Bas et Royaume-Uni), la Trabectedine (Yondelis®) n'est, depuis quelques mois, plus remboursée par les autorités de santé françaises. En effet, la commission de transparence, qui statue sur l'inscription des molécules sur la liste des médicaments remboursables, s'est de nouveau penchée sur le dossier du Yondelis® en juin dernier et a pris la décision de conserver l'ASMR 5 dans cette indication, empêchant de ce fait les centres hospitaliers de continuer à le délivrer et à l'administrer à de nouveaux patients, comme ce fut pourtant le cas entre 2008 et 2012.

Cette décision va à l'encontre de la décision rendue par l'EMA, à l'encontre des choix faits dans les pays voisins, et pénalise gravement les patients français...

1. Elle porte tout d'abord une grave atteinte au principe d'égalité d'accès aux soins auquel chaque malade est en droit de prétendre :
En effet, dans notre pays, pour près de 1000 patients atteints chaque année d'un sarcome des tissus mous en rechute, après échec à la doxorubicine et/ou à l'ifosfamide, seuls deux traitements bénéficient actuellement d'une AMM européenne : la Trabectedine (Yondelis® - Pharmamar) et le Pazopanib (Votrient® - GSK).
Certains patients peuvent certes être traités par l'un ou l'autre des médicaments précédemment cités mais d'autres ne peuvent recevoir QUE la Trabectedine. De même, les deux traitements peuvent être donnés successivement à la plupart des patients pour un bénéfice thérapeutique additionnel.

2. Elle représente une perte de chance considérable pour les patients concernés.

Maintenant, nous sommes captifs de ces décisions de déremboursement prises à l’aveugle par les autorités de santé. Elles constituent non seulement un facteur d'inégalité majeur d'accès aux soins mais résonnent aussi comme une double sentence pour les malades atteints de cancers rares et/ou orphelins, pour lesquels l'arsenal thérapeutique est déjà des plus limités et nous condamnent au mieux : à une médecine basée sur des médicaments des années 70 où les médecins seront désormais sommés de prescrire des traitements certes inefficaces mais à un coût acceptable ; au pire : à une médecine à deux vitesses où seuls les plus nantis pourront espérer survivre en se fournissant dans les pays voisins sur leurs propres deniers. Nos corps sont aux fers dans le cachot de la rareté, nos esprits sont en prison dans la fatalité.

L'année dernière, Info Sarcomes, alertée par quelques patients avait déjà adressé un courrier au Directeur Général de la Direction Générale de l'Offre de Soins (DGOS), Mr François-Xavier Selleret afin de lui faire part de notre inquiétude et de solliciter soit l'inscription de la Trabectedine sur la liste en sus des prestations d'hospitalisation, soit la reconduction de son financement par la dotation MIGAC. Il a fallu 4 mois à la DGOS pour nous renvoyer un courrier qui n'était ni plus ni moins qu'une vague reformulation de nos propos, bref...une non réponse...

Le mois dernier, par le biais de l'association européenne : Sarcoma PAtients Euro Net, nous avons lancé un appel de soutien auprès de nos homologues européens et avons pu collecter quelques signatures mais nous nous devons d'aller plus loin car, si nous restons sans agir, demain, d'autres traitements seront vraisemblablement appelés à disparaitre, les industriels se décourageront à développer de nouvelles thérapies dans des petites niches telles que les nôtres  et les malades atteints de cancers rares se verront tout bonnement condamnés à une médecine du vingtième siècle au titre que l'innovation dans une frange de population trop marginale se révèle trop coûteuse pour notre système de santé, tandis que les cancers les plus fréquents pourront quant à eux bénéficier d'une médecine personnalisée basée sur des traitements de pointe.

C'est pourquoi, suite à la première décision rendue par la Commission de transparence fin juin, les médecins du Groupe Sarcome Français, le réseau NETSARC et Info Sarcomes avons respectivement adressé un courrier à la Direction Générale de l'Organisation des Soins (DGOS) ainsi qu'au Ministère de la Santé afin d'attirer l'attention des décideurs sur l'impact dramatique que pourrait générer le déremboursement de la Trabectedine chez les patients porteurs de sarcomes des tissus mous métastatiques. Nos courriers sont à ce jour demeurés sans réponse et la Commission de Transparence, qui s'est de nouveau réunie dans le courant du mois de juillet pour réexaminer le dossier, à décidé de maintenir l'ASMR de la Trabectedine au niveau 5, considérant une fois pour toutes que ce médicament n'offrait pas d'amélioration du service rendu dans la stratégie thérapeutique des sarcomes alors que des patients inclus dans les études cliniques initiales de la Trabectedine, au début des années 2000 sont toujours en vie en 2013 grâce à ce médicament, tandis que toutes les études disponibles avant sa mise à disposition mettaient en évidence une espérance de vie allant de 9  à 12 mois.

Le déremboursement de la Trabectedine, vous l'aurez compris, porte un grave préjudice à la prise en charge des patients atteints de sarcomes des tissus mous en rechute, et ce alors même que d’importants efforts ont été consentis par l’Etat, notamment à travers l’Institut National du Cancer, pour améliorer la prise en charge de ces pathologies cancéreuses rares.

L'heure est aux revendications. L'heure est à l'action. Faute de quoi, ce médicament disparaitra définitivement des options thérapeutiques envisageables dans les sarcomes.

C'est ensemble que nous devons nous mobiliser pour obtenir le renouvellement du remboursement de la Trabectedine dans les sarcomes des tissus mous mais aussi pour qu'à terme, de nouveaux critères d'inscription soient définis pour les traitements relatifs aux pathologies cancéreuses rares :

  • Nous en appelons donc aux médecins d'informer les malades qui devraient recevoir de la Trabectedine des raisons pour lesquelles cette prescription n'est aujourd'hui plus possible pour eux.
  • Nous en appelons aux patients, à leur famille et à leurs proches mais aussi aux praticiens, aux chercheurs, aux pharmaciens et à tous ceux qui veulent nous soutenir, à nous rejoindre et à signer notre pétition de soutien que nous enverrons au Ministre de la Santé.



Dans l'attente et suite à la confirmation du maintien de l'ASMR 5 par la Commission de Transparence fin juillet, Info Sarcomes a, cette semaine, tenté un ultime recours en adressant un nouveau courrier à Mr Jean Debeaupuis, Directeur de la DGOS, afin de réitérer la demande d'inscription de la Trabectedine sur la liste des médicaments à rembourser.

Nous comptons sur votre soutien car, si nous laissons les autorités de santé agir ainsi, nous n’aurons alors plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamnés à mort !


Le Ministère de la Santé ayant pris la décision de rétablir le financement exceptionnel de la Trabectedine pour une durée de deux ans, le temps que les médecins collectent les données suffisantes pour démontrer l'efficacité du médicament dans l'indication sarcomes, la pétition est suspendue.



Merci à tous pour votre soutien.