• English
  • Français
Du Vendredi 24 Novembre 2017 au Samedi 25 Novembre 2017 : Festival de la Communication Santé (Deauville)
Jeudi 30 Novembre 2017 : FORUM PATIENTS PFIZER
Du Samedi 02 Décembre 2017 au Lundi 04 Décembre 2017 : ESO TRAINING COURSE ON RARE CANCERS (Milan, Italie)
Samedi 02 Décembre 2017 : Concert Let's Goldman (Riorges, France)
Jeudi 07 Décembre 2017 : Conférence sur l'observance thérapeutique à l'ESSEC (La Défense, Paris)
Du Vendredi 08 Décembre 2017 au Dimanche 10 Décembre 2017 : Congrès de l'ESMO : immuno oncologie (Genève, Suisse)
Du Vendredi 09 Février 2018 au Dimanche 09 Décembre 2018 : Congrès de l'AFTED (Paris)
Du Jeudi 01 Mars 2018 au Samedi 03 Mars 2018 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EUROSARC (Séville, Espagne)

"Malgré tout, il fallait continuer de vivre et d'espérer" (Philippe)

Philippe est un jeune homme de 23 ans. En 2007, alors qu’il rentrait de vacances et s’apprêtait à faire sa rentrée en école d’ingénieurs à Paris, son médecin lui annonce  qu’il est atteint d’un sarcome d’Ewing.Très vite, sa vie bascule mais Philippe, confiant et débordant d'optimisme, se montre bien résolu à remporter ce combat contre la maladie. Voici son témoignage...

"Bonjour, je m’appelle Philippe, j’ai aujourd’hui 23 ans.

Je me permets de raconter mon histoire afin de vous montrer qu’il ne faut jamais renoncer à ses envies, à ses rêves même si l’on sait qu'on va devoir apprendre à vivre avec le cancer pour un moment...

En août 2007, alors que je passais d’agréables vacances avec mes amis dans le sud de la France, une légère douleur est  soudainement apparue au niveau des adducteurs. Etant sportif et habitué aux blessures, je ne me suis pas tout de suite inquiété, pensant que celle-ci finirait bien par disparaître mais ce ne fut pas le cas. La douleur, bien au contraire, continuait de s’accentuer jour après jour.

Aussi, à mon retour de vacances, j’ai donc pris la décision d’aller consulter mon médecin généraliste pour tenter d’en savoir un peu plus. Malheureusement mon médecin ne semblait pas en savoir davantage. Cependant, s’il n’était pas en mesure de me dire clairement de quoi je souffrais, l’expression de son visage ne me rassurait pas vraiment, d’autant que cela faisait déjà quelques jours que je sentais une masse à l’intérieur de ma cuisse…

Afin d’en savoir plus sur cette fameuse masse dont la présence avait été confirmée à l'imagerie, mon médecin demanda une biopsie. Il me faudrait ensuite attendre quinze jours pour obtenir les résultats.

A ce moment là, j’étais encore loin de m’imaginer la gravité de la chose.

Début septembre, c’est la rentrée. Il était temps pour moi de regagner la région parisienne où je venais d’être admis en école d’ingénieur. La douleur causée par la masse était de plus en plus difficile à supporter et marcher devenait pour moi une véritable épreuve. L’attente des résultats de la biopsie me semblait interminable. A plusieurs reprises, j’avais contacté mon médecin généraliste pour savoir s’il avait eu de ses nouvelles de son côté. Mais nous étions tous les deux dans l’attente ...

Finalement, le verdict tomba mi-septembre…

C’était en fin de journée. Mon médecin qui s’était démené pour récupérer mes résultats m’a appelé sur mon téléphone portable. Très calmement, il m’a expliqué que j’avais une « tumeur maligne ».  Evidemment, je n’ai pas tout de suite saisi ce qui se passait. Progressivement, il m’a annoncé que j’avais un « sarcome d’Ewing ». Sarcome ? Ewing ? J’étais totalement perdu, comme dans le brouillard.  J’ai finalement compris ce qui m’attendait quand il m’a dit : « Il va falloir être fort, tu vas devoir suivre de la chimiothérapie et probablement de la radiothérapie pour guérir de ce cancer »
Quoi ? Cancer ? A 23 ans ? Comment est-ce possible ?  La faute à pas de chance probablement. Malgré le choc de l’annonce, je me retenais de pleurer.  Mon médecin, de son côté, tentait tant bien que mal de me réconforter en m’incitant à être fort,  à ne pas douter de la victoire puis, il raccrocha. Très dur de rester fort dans ces moments là. A peine notre conversation téléphonique s'était-elle achevée que j’ appelais mes parents pour leur annoncer la nouvelle. Très rapidement, nous avons été submergés par les larmes.

Malgré tout, il fallait continuer de vivre et d’espérer. Aussi, je ne remercierais jamais assez mon médecin qui m’a très vite dirigé vers l’Institut Gustave Roussy et m’a soutenu tout au long de cette épreuve. La première consultation avec les médecins de l’Institut me permit d’y voir plus clair : Grosse tumeur de 16 cm de long ! Les médecins m’ont expliqué que la chimio permettrait de réduire la tumeur et donc, de faciliter la chirurgie. L’idée était que la chirurgie laisse le moins de séquelles possibles. Cette consultation fut pour moi décisive. A partir de ce moment là, je me suis dit : «  maintenant, fini les pleurs, fini de se lamenter. C’est tombé sur moi, pas de chance. J’ai peut-être perdu une bataille mais ce que je sais, c’est que la guerre, c’est moi qui la gagnerai… ».

 

Même si tout n’a pas toujours été facile, je suis malgré tout resté confiant tout au long de cette épreuve. Mes parents avaient peur, ce qui est normal, mais leur crainte me rendait plus fort encore. Il était important pour moi que je m’en sorte le plus vite possible afin de les délester de ce poids. Mon père, qui habite la Bretagne, était resté à Paris avec moi durant toute ma chimio afin de m’aider au quotidien car il était très difficile pour moi de vivre seul. à cause du traitement . Néanmoins, lui et moi nous étions mis d’accord qu’il retournerait chez lui après mon intervention chirurgicale car ma mère était restée en Bretagne et je ne voulais pas qu’elle reste seule trop longtemps à imaginer le pire. Cette épreuve fut très douloureuse pour elle, même si nous nous parlions tous les jours au téléphone.  Ce n’est pas toujours évident d’essayer de rassurer quelqu’un à distance, d’autant que je n’avais aucune idée de la façon dont les choses évolueraient, même si je mettais un point d’honneur à rester confiant.

Presque cinq mois après ma première chimio, le jour de la chirurgie arriva enfin. Au final, une belle cicatrice et une perte de mobilité de la jambe.  Malgré tout, j’espérais bien pouvoir recourir un jour et ce jour ne se fit pas attendre. Après plusieurs séances de kiné, une fois mes séances de radiothérapie terminées, j’ai me suis remis au sport. Doucement certes, mais surement. Evidemment, je n’irais pas jusqu’à dire que tout est redevenu comme avant mais ce que je retiens aujourd’hui, c’est que je peux quand même faire du sport ! Vélo, course à pieds, musculation, rien ne m'arrête.

Cette épreuve terminée, je suis retournée en cours en mai 2008.

Aujourd’hui, mon objectif est de terminer cette école pour ainsi devenir ingénieur. A ce jour, rien ne vient ternir ma vie et, ironie du sort, je vis actuellement une belle histoire d’amour avec…une infirmière ! Le hasard ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non !

Ce qu’il faut retenir de cette histoire, c’est qu’il ne faut jamais baisser les bras. J’aime à me dire que si je n’avais pas été aussi confiant et plein d’espoir, les choses ne se seraient peut-être pas passées comme ça.

 

Désormais, le dicton qui dit que « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » ne m’a jamais paru si réel.

Je croque la vie à pleines dents, certainement plus que je ne l’aurais fait sans cette maladie. Même si cette maladie m'impose aujourd'hui un suivi médical régulier (Scanner + IRM tous les 6 mois), je garde confiance et fais le nécessaire pour continuer de vivre le plus normalement possible en savourant chaque jour qui passe.

Pour finir, je vous dirais qu’il faut profiter de chaque instant de la vie, et que tout ce qui n’est pas pris reste à prendre"…

Philippe