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Le Dr Simone Mathoulin présente le projet scientifique séléctionné par Info Sarcomes pour 2010/2011

Cette année, Info Sarcomes soutient le projet du Dr Simone Mathoulin-Pélissier, Institut Bergonié (Bordeaux), sélectionné par notre Conseil scientifique, dans le cadre de notre appel à projets annuel.

Oeuvrant pour une harmonisation et une amélioration de la prise en charge initiale des patients atteints de sarcomes des tissus mous sur l'ensemble du territoire, le projet du Dr Mathoulin répond ainsi à l'un des objectifs prioritaires de notre association.

A ce titre, les dons perçus par l'association jusqu'en juin 2011 seront intégralement dédiés au financement de ce projet que nous considérons comme crucial pour l'avenir des patients.

80 000 euros sont nécessaires pour mener à bien ce projet, c'est pourquoi nous avons besoin de vous.

 

Pour nous aider à bien cerner les enjeux inhérents à son action, le Dr Mathoulin a accepté de se prêter au jeu de l'interview...

Dr Mathoulin, pouvez-vous expliquer à quel domaine de recherche appartient ce projet et l'importance de ce niveau de recherche dans la démarche de prise en charge des patients ?

Ce projet de recherche s’inscrit dans une démarche à la fois :

  • clinique (prise en charge du patient), 
  • épidémiologique (nombre de nouveaux cas, répartition des formes cliniques),
  • de santé publique (organisations des soins) dans le domaine des Sarcomes des Tissus Mous de l’adulte.

Les sarcomes des tissus mous sont des tumeurs rares, qui représenteraient moins de 1% des cancers en France, avec une incidence réelle encore non connue. Les probabilités de survie, sans signe de la maladie, sont de l’ordre 60% à 5 ans. De part leur rareté et leur grande variété (plus de 50 types et sous-types histologiques différents), les sarcomes relèvent d’une prise en charge initiale difficile et souvent inadaptée bien que cruciale pour le devenir du patient.

Il est donc important d’enrichir nos connaissances actuelles sur ce type de tumeurs, en  :

  • poursuivant d’une part les efforts de recherche déjà entrepris,
  • optimisant également la prise en charge des malades, avec en particulier un diagnostic plus précoce et plus précis.

Pourquoi avoir décidé de mettre en place une étude "avant-après" dans le domaine des sarcomes ?

Malgré la diffusion des recommandations de pratiques depuis les années 1990 (en France et à l’étranger), le taux d’adéquation aux « bonnes pratiques » reste améliorable (notamment en cas de "suspicion" de sarcome), et suggère que ces recommandations seules ne suffisent pas.

En effet, les méthodes de diffusion actuelles des recommandations de pratique ne « touchent » qu’un nombre limité de professionnels et principalement les acteurs déjà fortement impliqués dans la prise en charge de ces tumeurs rares.

Les étapes précoces du diagnostic étant cruciales pour le devenir du patient, il est donc important de sensibiliser tous les médecins susceptibles de diagnostiquer/prendre en charge un patient porteur de ce type de tumeur (médecins généralistes, dermatologues, chirurgiens etc.).

Ainsi, à partir de ce constat et des résultats obtenus par nos collègues Scandinaves, les équipes du Cancéropôle Grand Sud-ouest ont proposé de mettre en œuvre un ensemble d’actions de formation/information pour sensibiliser un maximum de professionnels à la prise en charge initiale des sarcomes.

Les retombées attendues de ces actions sont d'améliorer :

  1. le contrôle loco-régional de ces tumeurs,
  2. la survie spécifique des patients.

L’objectif principal de ce projet est donc de mesurer le bénéfice de différentes actions ciblées sur la prise en charge initiale des Sarcomes des Tissus Mous de l’adulte, en termes de :

  • taux de prise en charge globale adéquate,
  • de survie survie sans récidive.

Dans cette optique, trois types d'actions de sensibilisation ont été mises en place dans 4 régions du Cancéropôle Grand Sud-ouest : Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Limousin et Midi-Pyrénées. Une cinquième région, dans laquelle aucune action n'est entreprise : la région Pays de Loire, sert quant à elle de région témoin. Ainsi, nous pourrons évaluer de manière cohérente l'apport de chacune des actions mises en place.

Pouvez-vous nous présenter ces trois actions et de la façon dont elles sont mises en place dans les centres ?

Le programme d’intervention de santé publique mis en place dans cette étude faisait intervenir 3 types d’actions :

  1. une campagne d’information auprès de l'ensemble des médecins généralistes des 4 régions expérimentales par la diffusion de plaquettes d’information simples.
    Sur cette plaquette, figuraient des recommandations sur "que faire avant et lors du diagnostic".
    Le message adressé était identique dans les 4 régions concernées. Seul le recto de la plaquette a été adapté par chacune des régions afin d’y faire figurer les coordonnées des lieux de Réunions de concertations pluridisciplinaires (RCP) locales et de la RCP régionale spécialisée « sarcome ».
    La diffusion de ces plaquettes s’est effectuée grâce au soutien des Réseaux de Régionaux de Cancérologie, des Unions Régionales de Médecins Libéraux et des Associations de Patients.

  2. une action de communication orale auprès des médecins spécialisés.
    Cette action, menée via les réseaux régionaux de cancérologie et/ou les investigateurs, avait pour but de sensibiliser les professionnels de santé spécialisés (dermatologues, radiologues, chirurgiens, anatomopathologistes…).
    Lors de ces réunions, des « leaders d’opinion » régionaux ont pu présenter le projet ainsi que les recommandations aux professionnels de santé présents.
    Le support utilisé lors de ces communications était identique dans les 4 régions du Cancéropôle Grand Sud-ouest. Cette action a été rendue possible grâce aux réflexions conjointes des organisations régionales et des centres investigateurs, qui ont ainsi permis soit la mise en place de réunions spécifiques, soit d’obtenir des interventions lors de congrès régionaux.

  3. la diffusion d’une information écrite systématique à chaque cas, dès le diagnostic histologique confirmé, auprès des chirurgiens via les anatomopathologistes sur la conduite à tenir après la biopsie.
    Cette action était plus complexe à mettre en œuvre et elle a été conduite comme une étude de faisabilité en Aquitaine, où les pathologistes souhaitant participer ont pu joindre à leur compte-rendu une note d’information sur la prise en charge des sarcomes des tissus mous.

En quoi ce projet revêt-il un caractère prioritaire dans les sarcomes ?

Les étapes initiales de la prise en charge étant déterminantes pour le devenir du patient, il est donc primordial que des efforts particuliers soient réalisés dans ce domaine.

Les actions proposées dans le cadre de ce projet sont issues de l’expérience des pays scandinaves, et connaissant les différences d’organisation du système de santé, il était impératif d’évaluer rigoureusement la mise en place des actions possibles pour en connaitre l’apport en situation réelle.

Ainsi, parmi les actions menées, celles jugées comme efficaces dans cette étude seront ensuite étendues au reste du territoire via le Groupe Sarcome Français – Groupe d’Etude des Tumeurs Osseuses (GSF-GETO) et les réseaux de prises en charges de ces tumeurs rares.

Sur quels critères les centres ont-ils été sélectionnés pour ce projet ?

Suite aux premières réflexions engagées au sein du groupe GSF-GETO, il fallait pour ce projet que les régions retenues répondent à un certain nombre de critères :

  • un échantillon suffisamment important avec une capacité d’inclusion suffisante étant donné la rareté de cette tumeur (5 régions couvrant près de 20% de la population française),
  • des pratiques similaires de prise en charge de ces tumeurs rares,
  • une structuration régionale permettant la mise en place des actions (réseaux régionaux de cancérologie, réunions de concertations pluridisciplinaires …).

Parallèlement à la naissance de ce projet, les régions du Cancéropôle Grand Sud-ouest se sont rapprochées en 2006 pour structurer formellement une coordination inter-régionale pour la prise en charge des Sarcomes. Le rapprochement existant donc déjà entre ces 4 régions, il était donc légitime que ces dernières soient retenues pour le projet.

La région témoin a été choisi sur sa capacité d’inclusion et parce qu’elle présente des caractéristiques populationnelles assez proches des 4 autres tout en étant suffisamment éloignée pour ne pas être « influencée » par les actions entreprises.

Avant démarrage de l'étude, le niveau d'expertise était-il équivalent dans l'ensemble des centres participants ?

Les régions ont été sélectionnées avec des niveaux d’expertises similaires dans la prise en charges des sarcomes des tissus mous.

Pourquoi avoir choisi la région Pays de Loire comme région "témoin" ?

La région Pays de Loire a été choisie en raison de l’existence d’une activité spécialisée et structurée autour des sarcomes similaire à celle des régions expérimentales. De surcroît, l’étendue de cette région devait permettre un recrutement suffisant pour servir de région « témoin ».

Comment le niveau de prise en charge de chacun des centres a-t-il été évalué en amont du projet ?

Par la connaissance des activités de chaque centre (rapports d’activité des années précédentes) et justement par la mise en place de la phase dite « avant » la mise en place des actions.

Quelles sont les modalités d'expérimentation des trois actions ?

Les deux premières actions (plaquettes d’information et réunions de communication orale) ont été réalisées dans les 4 régions du Cancéropôle Grand Sud-ouest de manière simultanée. Une période de 10 mois, entre le 1er Janvier et le 31 Octobre 2008, leur était ensuite allouée pour leur permettre de former/informer un maximum de professionnels de santé sur les étapes initiales de la prise en charge.

En revanche, comme précédemment expliqué, l’action 3 de sensibilisation auprès des chirurgiens via les anatomopathologistes a été réalisée uniquement en Aquitaine, et là aussi, pour des raisons identiques, cette action n’a pu être conduite de manière homogène sur l’ensemble du territoire Aquitain.

Comment l'efficacité de ces actions est-elle évaluée ? Par qui ? A quelle fréquence ?

Durant toute la durée de l’étude, des données cliniques concernant la prise en charge des patients ont été recueillies pour tout nouveau diagnostic de sarcome des tissus mous établi dans l’une des 5 régions de l’étude. Cette étude a reçu une autorisation de la Commission nationale Informatique et liberté.

En pratique, sur la base d’un recherche active auprès des laboratoires de pathologie des régions étudiées, des attachés de recherche clinique (ARC) vont dans les établissements de santé afin de vérifier les critères d’éligibilité des patients et, dans l’affirmative, afin de recueillir un certain nombre de données cliniques concernant leur prise en charge (jusqu’à 6-9 mois après le diagnostic). Une information orale est donnée au patient par le médecin responsable.

Les registres de cancers sont aussi interrogés (1 à 2 fois par an) pour être sur de la connaissance de tous les cas.
Les données sont saisies par les ARC sur une base de données et seront d’abord vérifiées pour leur cohérence et analysées à la fin de l’étude par l’équipe de biostatistiques du centre promoteur.

Les résultats seront discutés avec les régions et présentés au comité scientifique. Il s’agira des données globales par étape de la prise en charge "avant" et de les comparer avec la période "après" dans les 5 régions.
Les données d’incidence de ces sarcomes seront aussi rapportées.

Une première analyse de la période "avant" a pu être faite en 2010 pour 2 des 5 régions.
Une seconde analyse est prévue pour le début 2011 (5 régions, période "avant" et "après").
Enfin, l’étude pour la connaissance en termes d’amélioration de survie pourra commencer en 2012.

A ce stade de l'étude, avez-vous déjà une "idée" des actions porteuses ?

A ce stade de l’étude en effet, nous ne pouvons qu’avoir une « idée » du potentiel impact des actions menées.
Il semble que des avis soient pris plus précocement auprès des équipes pluridisciplinaires spécialisées, certains patients sont même adressés directement par leur médecin traitant sur la seule suspicion d’une tumeur maligne.
Néanmoins, ce ne sont que des ‘impressions’ qu’il convient de nuancer tant que les résultats définitifs de l’étude ne sont pas connus.

Combien de temps faudra-t-il compter entre la parution des résultats et la mise en application concrète de ces actions dans l'ensemble des centres de soins français ?

L’analyse  principale (apport des actions en termes de prise en charge initiale) est prévue pour début 2011.
Ces résultats seront présentés et discutés en comité scientifique qui décidera de leur application via le groupe GSF-GETO notamment et les réseaux de tumeurs rares labélisés par l’INCa (programme action annuel des réseaux).

Quel sera l'impact direct d'une telle étude pour les patients ?

Les actions menées dans le cadre de ce projet mettent en évidence la nécessité d’obtenir un diagnostic précoce et précis, pour toute tumeur de plus de 5 cm et/ou profonde et/ou évolutive.

Pour ce type de tumeur, une prise en charge pluridisciplinaire, la réalisation d’une imagerie et l’obtention d’un diagnostic par une méthode de biopsie adéquate sont connues pour avoir un bénéfice en termes de survie pour les patients.

Ainsi, l’impact direct d’une telle étude serait d’augmenter le taux de patients bénéficiant d’une prise en charge globale adéquate suivant des schémas de soins adaptés, par des professionnels spécialisés dans le domaine des sarcomes des tissus mous, ce qui influencerait directement la survie des patients.

Comment les 80 000 euros seront-ils répartis ?

Ce projet a déjà obtenu un financement de l’INCa (Programme de recherche en 2006 pour 3 ans) mais il n’a pas été complètement financé pour la fin de l’étude. Cette somme supplémentaire est donc majoritairement destinée à être répartie entre les 5 régions concernées par le projet et elle sera utilisée pour du personnel (attachés de recherche clinique) et des déplacements intra-région pour recueillir les données dans tous les établissements qui ont pris en charge des patients.

En raison du nombre de cas de sarcomes plus élevé qu’attendu (60 initialement par région mais en fait plus proche de 90/100 dans 4 des 5 régions), le recueil des données s’est complexifié et allongé.

Cette somme permettra également à ces personnes de consacrer du temps pour aller rechercher les données utiles sur le devenir des patients à distance de la prise en charge pour l’estimation de la survie dans cette étude à deux ans.

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