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Le Dr Piperno-Neumann fait le bilan des sessions de l'ASCO 2013 sur les sarcomes osseux

Membre active du réseau "EURAMOS", groupe d'étude européen & américain dédié aux ostéosarcomes, le Dr Piperno-Neumann a eccepté de se prêter au jeu de l'interview et de nous livrer ses impressions sur les sessions et communications consacrées aux sarcomes osseux.

Dr Sophie Piperno-Neumann à l'ASCO

EL : L'ASCO 2013 a-t-il été un bon cru pour les sarcomes osseux ?

SPN : Pour être honnête, cette édition 2013 n'a rien apporté de révolutionnaire même si des résultats d'études, et notamment ceux de l'étude anglo-saxonne EURAMOS 1 évaluant chimiothérapie avec ou sans interféron en traitement d'entretien dans les ostéosarcomes localisés de haut grade entre 2005 et 2011, étaient très attendus.

Seuls les résultats des patients bons répondeurs à la chimiothérapie initiale par MAP (Methotrexate + Adriamycine + cisPlatine), après chirurgie, ont été présentés lors de cet ASCO. L'âge moyen des patients inclus dans ce bras était de 14 ans.

Sur les 1034 patients bons répondeurs, 715 avaient donné leur accord pour être randomisés soit dans le bras MAP seul, soit dans le bras MAP + Interferon alpha 2b en sous cutanée après la chimio, chaque semaine, pendant 18 mois. L'étude cherchait à savoir si l'interferon pouvait augmenter le pourcentage de patients sans rechute à 3 ans après le diagnostic. Seuls 55% des patients (128) du bras MAP+Interferon ont reçu le traitement complet et 23% (82) n'ont finalement pas commencé l'interferon à la fin de la chimiothérapie, le plus souvent (63/82) pour des raisons de refus. 

Les résultats ont révélé que l'interferon était plutôt bien toléré chez les patients.  77% des patients ayant reçu de l'interferon n'avaient toujours pas récidivé au bout de trois ans contre 74% dans le bras sans interferon. L'ajout de l'interferon ne semble pas influencer la survie globale qui s'élève à 92% dans le bras interferon versus 90% dans le bras sans. Ce qui démontre que l'interferon n'a finalement pas de grand intérêt dans les ostéosarcomes.

EURAMOS 1 est désormais close aux inclusions mais le suivi des patients inclus va se poursuivre afin de savoir si les patients traités par interferon ont une survie plus longue. Ces nouvelles données devraient être publiées en 2015.

Initialement, une étude EURAMOS 2 devait voir le jour mais celle-ci est malheureusement en stand-by, faute de molécule, après échec du MEPACT en Europe. Toutefois, le travail du groupe ne va pas s'arrêter là puisque certaines équipes d'EURAMOS 1 vont rejoindre l'équipe française "SARCOME 9" qui évaluera chimiothérapie avec ou sans Zometa dans les ostéosarcomes localisés ou métastatiques, aussi bien chez l'adulte que chez l'enfant.

EL : Cet ASCO a-t-il apporté des éléments nouveaux dans le traitement des sarcomes d'Ewing ?

SPN : Une poster-discussion sur l'étude EURO-EWING 99 portant sur le rôle de la radiothérapie dans les formes localisées de sarcomes d'Ewing chez 599 patients bons répondeurs à la chimiothérapie posait la question du bénéfice à faire de la radiothérapie locale chez cette catégorie de patients (Abstract n°10518). Cette étude a permis de mettre en évidence un taux de rechute locale moindre chez les patients ayant reçu de la radiothérapie versus ceux qui n'en avaient pas bénéficié. L'intérêt de la radiothérapie locale a notamment été mis en évidence chez les patients une tumeur initiale de taille importante (1.5% de rechute dans le bras radiothérapie versus 11.7% dans le bras sans). Toutefois, aucun impact de la radiothérapie sur la survie n'a été démontré.

EL : Quelques mots sur les Synovites Villo Nodulaires Pigmentées (PVNS) ?

SPN : Les résultats de la phase II de l'étude européenne évaluant le nilotinib dans les PVNS progressifs et/ou non éligibles pour une chirurgie conventionnelle ou conservatrice (Abstract n°10516). Cette étude menée auprès de 47 patients évaluables a démontré que l'utilisation du nilotinib permettait une stabilisation de la maladie chez 89% des patients, avec une diminution notable des symptômes.

Il est à noter que cette étude intervient après une première étude rétrospective publiée en 2012 sur 27 patients traités par imatinib qui avait mis en évidence une stabilisation de la maladie chez 74% des patients, ainsi que l'obtention d'une réponse objective chez 15% d'entre eux.