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Du Vendredi 08 Décembre 2017 au Dimanche 10 Décembre 2017 : Congrès de l'ESMO : immuno oncologie (Genève, Suisse)
Du Vendredi 09 Février 2018 au Dimanche 09 Décembre 2018 : Congrès de l'AFTED (Paris)
Du Jeudi 01 Mars 2018 au Samedi 03 Mars 2018 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EUROSARC (Séville, Espagne)

Dr Olivier Collard, oncologue médical à l'Institut de Cancérologie de la Loire (St Priest en Jarez)

Oncologue médical à l’Institut de Cancérologie de la Loire (ICL), le Dr Olivier Collard est, à 36 ans,  un optimiste passionné : passionné de médecine, passionné de nature, passionné de danse, passionné des gens, passionné de la vie sous toutes ses formes. D’une humanité à la fois pudique et généreuse, il est de ces médecins dont le sourire et la voix apaisent.
Stéphanois d’origine, le Dr Collard est très attaché à ses racines. C’est d’ailleurs à St Etienne, berceau de son enfance, qu’il a entamé ses études de médecine.
En 1998, il quitte cependant sa région natale pour la Lorraine où il effectuera ses 4 années d’internat d’Oncologie Médicale. En 2002, il entre au CHU de Strasbourg en tant que Chef de Clinique Assistant, et c’est finalement en 2003 qu’il se voit offrir , pour son plus grand plaisir, l’opportunité de « rentrer au pays ».
Dès lors, il retrouve ses anciens « maîtres » de Cancérologie, devient Chef de Clinique puis Praticien Hospitalier au sein du département d’Oncologie Médicale de l’Institut de Cancérologie de la Loire

Très impliqué, le Dr Collard y exerce à ce jour sous plusieurs casquettes : cancérologue ; référent pour toutes les tumeurs rares et notamment pour les sarcomes ; responsable de l’Unité d’Hospitalisation mais aussi en tant qu’enseignant à la Faculté de Médecine et aux différents écoles locales de personnels soignants (infirmières, kinésithérapeutes, etc…).

Pour Info Sarcomes, le Dr Collard se livre sur son parcours et jette un regard à la fois lucide et émerveillé sur son métier. Portrait passionnant d’un médecin passionné…

  • A quand remonte votre envie de devenir médecin ? Par quoi ce choix a-t-il été motivé ?

Je pense que ça a toujours été en moi. J'ai cependant mis longtemps à comprendre que ce serait « Médecine » : il me fallait trouver un métier où on pouvait se sentir utile, proche des gens pour les aider, et avoir une réflexion scientifique associée… C’est là qu’intervient ma 1ère vraie rencontre avec 2 amies avec qui j’ai longtemps discuté et qui un jour m’ont dit : « Mais Olivier tu sais, tout ce que tu nous dit, tout ce à quoi tu aspires, tout ce dont tu as envie, ce fameux métier que tu dois faire, c’est Médecin… Ne cherche pas plus loin… !!! ».

Je sais qu’elles n’ont induit en moi que ce qui reposait depuis plusieurs années…Le fait de pouvoir soigner les gens…tout simplement…

  • Pourquoi avoir choisi la cancérologie ?

C’est là qu’intervient LA 2e rencontre, la plus déterminante de mes études de médecin : celle du Pr Bruno Perpoint, l’ancien chef de service de Cancérologie de St Etienne. En une « visite » lors d’un de mes stages d’externe, j’ai su que je voulais lui ressembler et faire comme lui, de la Cancérologie en souriant…

Lorsqu’il effectuait ses consultations dans les chambres des patients pendant la visite… je ne voyais que de la joie. Ces patients étaient pourtant dans leurs lits avec une maladie  parfois très avancée, mais on sentait toute l’émotion, le respect et l’affection qu’avaient ces patients pour lui et pour son travail.

Et puis, une spécialité comme la cancérologie apporte beaucoup de richesses. Il y a bien sûr la diversité des pathologies, mais aussi de multiples possibilités de traitements, des nouveautés thérapeutiques incessantes, sans oublier l’importance tout aussi essentielle d’une compétence scientifique de tous les instants et d’une approche psychologique et humaine de tous les patients cancéreux…

Bref, tout ce dont j’avais envie en médecine se trouvait dans le Cancérologie …

Je suis conscient que ces propos puissent étonner car ils peuvent donner l’impression que j’avais occulté toutes les situations difficiles mais en fait, je les avais intégrées. Elles faisaient partie du travail, et les moments de partage que je vivais avec les patients, les familles, et les autres soignants me permettaient d’intégrer ces durs moments au milieu de choses positives.

  • Pourquoi avoir choisi de vous orienter vers un domaine aussi marginal et méconnu que celui des sarcomes ?

Encore une question de rencontres, je vous l’assure… ce n’est pas une blague !

Lors de mon année strasbourgeoise, j’ai suivi et traité de nombreux patients atteints de sarcomes, et leur contact m’a réellement donné envie de travailler avec eux…

La grande diversité des sarcomes et leur complexité m’ont permis de retrouver le plaisir d’un travail multi disciplinaire, en équipe, encore plus exacerbé que dans les autres types de cancers, avec des traitements toujours plus riches et en constante évolution.

Enfin, il y a eu l’ultime rencontre avec le Professeur Jean-Yves Blay et tous les membres du Groupe Sarcome Français, ou « comment travailler au top de la science et du progrès avec des médecins d’une richesse humaine insensée »…toujours en éveil pour trouver de nouveaux traitements et travailler pour améliorer la prise en charge des patients atteints de sarcomes.

Dr Collard et son assistante Caroline Folléas

  • Avez-vous un/des sarcome(s) de prédilection ?

Je trouve passionnant de travailler avec les patients atteints de  GIST, cette pathologie « récente » qui bénéficie de traitements innovants, tous aussi « ciblés » les uns que les autres… J’ai notamment la chance de pouvoir travailler sur ces tumeurs avec le Professeur Blay, qui est à Lyon où je me rends chaque semaine afin de discuter des dossiers de mes patients dans le cadre de la RCP….Cela constitue pour moi une source d’enrichissement permanente.

Cependant, au-delà des GIST, tous les sarcomes présentent un intérêt, chaque sous-type représente un défi à relever, notamment par le biais du développement de nouveaux traitements ciblés…

  • Comment se déroule une journée type du Dr Collard à l'hôpital ? En quoi consistent vos activités dans le service ?

Elle est tout d’abord assez longue et bien remplie…Il faut tout d’abord jongler entre les consultations prévues (avec les nouveaux patients et les anciens en surveillance), les patients qui viennent faire leur chimiothérapie en hôpital de jour ou de semaine, les patients hospitalisés dans le service dont je suis responsable.

Il y a aussi les nombreuses activités directement liées à l’établissement, avec son flot de réunions : celles liées à l’organisation du service, celles liées aux différents essais thérapeutiques auxquels je pourrai faire participer les patients, celles concernant plus directement les patients , les fameuses Réunions de Concertation Pluri-disciplinaires (RCP)…

Enfin, il y a une autre chose essentielle à l’équilibre de mon travail : c’est l’enseignement. C’est un immense privilège et une profonde satisfaction que de pouvoir partager mes connaissances avec des étudiants et des internes motivés, avides d’apprendre. J’éprouve également un réel plaisir à répondre aux questions des soignants sur les prises en charges des patients.

Toutes ces activités plus ou moins techniques sont bien sûr sans cesse liées au relationnel et aux explications données aux patients et aux entourages des différents patients…ce qui, on le devine, prend également beaucoup de temps… !!!

  • Quelles sont les satisfactions/enrichissements que vous tirez de votre investissement dans le domaine des sarcomes ?

Je trouve dans ce domaine énormément de satisfaction… en effet les patients tout d’abord sont « heureux » de trouver quelqu’un qui s’intéresse et qui est spécialisé dans une pathologie assez rare dans le domaine extrêmement varié de la Cancérologie.

En outre, il existe une véritable émulation au sein du « Groupe Sarcome Français » (GSF), où tout le monde se connaît (car nous sommes finalement peu sur toute la France), se respecte, cherche, apprend des expériences des autres et surtout, essaie de monter des projets pour faire avancer la prise en charge des patients atteints de sarcomes.

Tout cela, dans la bonne humeur, car l’ambiance au sein du groupe est toujours excellente. C’est sans doute pour cela qu’il est d’ailleurs si prolifique…

J’apprécie aussi l’humilité des instigateurs du GSF : Jean Yves (Blay) et Axel (Le Cesne), qui sont tous les deux aussi drôles, abordables, brillants et disponibles… Je suis vraiment très fier de travailler avec eux, à mon petit niveau…

  • Les principales difficultés / frustrations ?

Elles sont bien évidemment dues aux traitements encore limités dans leur efficacité et dans leur variété pour les patients métastatiques, ainsi que pour les sarcomes les plus rares. Cependant, je suis quelqu’un d’optimiste et je n’essaie de penser qu’aux choses les plus positives…

Je déplore aussi que nous ayons de grandes difficultés à trouver des correspondants locaux (dans les autres spécialités : chirurgie , anapath , radiologie…) motivés et intéressés par ces pathologies dites rares…(mais pas tant que ça finalement…).

  • On imagine que tous les médecins ont une soupape de décompression, quelle est la vôtre ?

S’il y a une chose qui est sûre, c’est bien qu’il est nécessaire de décompresser !!

Pour cela, le sport m’a toujours aidé, j’ai toujours couru (après quoi ??? ou qui ??), nagé, randonné par monts et par vaux (je suis fou des Alpes) et surtout dansé…J’ai commencé par le rock, les autres danses de couples… la salsa bien sur et depuis 9 ans maintenant les danses africaines.

J’ai une vraie passion pour les danses africaines d’Afrique de l’Ouest.., ce sont des danses magiques où on communie complètement avec les musiciens, où on partage énormément d’émotions avec les autres danseurs…

Je fais partie d’un groupe qui fait quelques spectacles pour faire connaître un peu plus les cultures africaines et surtout partager notre passion pour la danse… et si le public est de la partie, je rentre carrément en transe …c’est génial…

Bien sur, j’essaie de beaucoup lire, j’écoute beaucoup de musique et j’adore voyager. Depuis peu, je me suis aussi mis au jardin, et regarder mes différentes plantations s’épanouir est un véritable régal. Ce nouveau hobby me conduit d’ailleurs à demander conseils à mes patients !!!

Voila un beau programme, n’est ce pas ?

Danse africaine

  • Quels sont vos projets professionnels dans les années à venir ?

Bien entendu, j’espère pouvoir poursuivre mon travail en Cancérologie et spécialement dans les sarcomes. J’aimerais pouvoir participer encore plus activement aux différents projets du GSF, et enrichir les collaborations notamment avec d’autres médecins étrangers  que je pourrais peut-être rejoindre quelques temps…(mais seulement s’il y existe des cours de danse africaine… !!!!).

  • Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune médecin qui souhaiterait s'impliquer dans les sarcomes ?

Je lui dirais qu’il faut qu’il ait une énergie démesurée, des épaules bien larges et surtout les pieds sur terre….
Je lui dirais qu’il faut se donner à fond pour pouvoir s’occuper de patients rares ; pour pouvoir organiser autour de sa propre motivation un petit groupe de différents spécialistes qui s’occuperont des patients chacun dans leur spécialité (chirurgiens, anapaths, radiologues…).

Je lui dirais aussi qu’il aura une chance folle de pouvoir travailler avec des patients attentifs et intéressés et des médecins passionnés et passionnants…

Merci Estelle d'avoir pensé à moi pour cette interview. Je tiens aussi à dire que ma passion pour les sarcomes n'a fait que décupler en te rencontrant. Lorsque je vois ton implication dans l'association et tout ce que tu y réalises, je ne peux qu'être extrêmement fier de toi et de ton travail. Cela me donne chaque jour davantage l'envie de continuer à m'investir en souriant pour les patients cancéreux et notamment ceux atteints de sarcomes :o)