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Du Vendredi 24 Novembre 2017 au Samedi 25 Novembre 2017 : Festival de la Communication Santé (Deauville)
Jeudi 30 Novembre 2017 : FORUM PATIENTS PFIZER
Samedi 02 Décembre 2017 : Concert Let's Goldman (Riorges, France)
Du Samedi 02 Décembre 2017 au Lundi 04 Décembre 2017 : ESO TRAINING COURSE ON RARE CANCERS (Milan, Italie)
Jeudi 07 Décembre 2017 : Conférence sur l'observance thérapeutique à l'ESSEC (La Défense, Paris)
Du Vendredi 08 Décembre 2017 au Dimanche 10 Décembre 2017 : Congrès de l'ESMO : immuno oncologie (Genève, Suisse)
Du Vendredi 09 Février 2018 au Dimanche 09 Décembre 2018 : Congrès de l'AFTED (Paris)
Du Jeudi 01 Mars 2018 au Samedi 03 Mars 2018 : ASSEMBLÉE GÉNÉRALE EUROSARC (Séville, Espagne)

Dr Nicolas Penel, oncologue médical au Centre Oscar Lambret (Lille)

Dr Nicolas Penel   Oncologue au Centre Oscar Lambret à Lille, le Dr Nicolas Penel est un pur "produit du Nord". C'est en effet dans la capitale des Flandres qu'il suit, après avoir obtenu un DEA de biologie cellulaire en 1992, ses études et obtient sa thèse de médecine en 1999. Son intérêt pour la recherche le conduira quelques années plus tard, à décrocher une nouvelle thèse de sciences en méthodologie de la recherche clinique.
De nature posée et réfléchie, le Dr Penel n'en est pas moins un homme occupé qui se dévoue à son métier avec passion et partage son temps entre le centre Oscar Lambret, au sein duquel il gère ses consultations et occupe depuis peu la fonction très prenante de chef du département de Cancérologie Générale (prenant en charge les sarcomes, les tumeurs bronchiques, les cancers rares et les tumeurs urologiques) ; et l'Université de Lille II où il exerce en tant que chercheur en méthodologie (EA 2694 : Santé Publique, épidémiologie et Qualité des soins).
Pour Info Sarcomes, ce clinicien qui se veut avant tout être un véritable chercheur dans l'âme, nous livre pudiquement ces quelques lignes...

 

A quand remonte votre envie d’être médecin ?

En fait, depuis toujours. Une envie d’être utile.  

Par quoi ce choix a-t-il été motivé ?

J'ai du mal à répondre à cette question-là. J'ai toujours souhaité exercer un métier orienté vers le soin. Difficile de dire plus. Pas de réelle explication, c'était une évidence. Ce qui était un peu compliqué était le fait qu'il n'y avait ni médecin, ni infirmier dans ma famille. Mais ce souhait-là n'a fait que se confirmer tout au long de mes études, ensuite. 

Pourquoi avoir choisi l’oncologie ?

J’ai très longtemps hésité entre les maladies infectieuses et l’oncologie médicale. Ce sont deux disciplines transversales, qui ne se « cantonnent » pas à un seul organe, qui amènent à rencontrer d’autres spécialistes, qui ont l’attrait de la diversité. Mais finalement, c’est l’oncologie médicale qui l’a emporté en raison de la dimension globale de la prise en charge et de l’interdisciplinarité. La prise en charge d’un patient atteint de cancer, et tout particulièrement atteint de sarcome, nécessite de construire un plan de soins spécifique, multidisciplinaire. Il y a là négociation, discussion entre professionnels puis avec le patient et ses proches. Je suis avant tout un soignant, un clinicien. Mais, dès que l’on prend en charge des patients, on se pose beaucoup de questions et on est souvent surpris par l’absence de réponse ou le faible niveau de preuve des réponses apportées. Automatiquement, cela amène à poser des hypothèses, à les traduire en questionnement scientifique, en protocole de recherche…Il y a une parfaite continuité entre l’activité de soins quotidiennes et la recherche, clinique ou translationnelle.

Pourquoi et/ou comment vous êtes-vous orienté(e) vers un domaine aussi marginal et méconnu que celui des sarcomes ?

Au départ, c’est un parfait hasard. Embauché en 1999, je me suis vu attribuer un ensemble de pathologies à prendre en charge (cancers ORL, cancers métastatiques de primitifs inconnus, sarcomes …). Etant donné la dynamique nationale autour des sarcomes, j’ai bénéficié de l’enthousiasme, de l’aide, du soutien du Groupe Sarcome Français et j’ai finalement progressé très vite dans ce domaine-là. Je pense que beaucoup des collègues de ma génération ont vécu la même chose. Nous ne remercierons jamais assez ceux qui ont créé le Groupe Sarcome Français et y ont insufflé un tel esprit positif, aidant.

Dr Penel ASCO 2011

Avez-vous un/des sarcome(s) de prédilection ?

Non, pas vraiment ; mais je me suis beaucoup investi dans la coordination de projets autour des angiosarcomes. J’ai aussi toujours une attention particulière vis-à-vis des tumeurs desmoïdes (fibromatoses agressives), qui sont à la frontière des sarcomes.

Vous avez passé un an à Bruxelles au sein de l’EORTC. Quel était le but de ce détachement ?

Durant cette année, j’ai pu perfectionner mes connaissances en termes de méthodologie des essais cliniques, j’ai contribué à la rédaction de protocoles et j’ai pu observer de l’intérieur l’extraordinaire difficulté de faire tourner des essais internationaux.

Comment se déroule votre journée type à l’hôpital ? En quoi consistent vos activités dans le service ?

Mon activité est essentiellement clinique, sauf le jeudi (dédié recherche). Arrivée vers 07.45. Transmissions médecin/infirmières à 08.45 pour le secteur d’hospitalisation, puis hôpital de jour (chimiothérapie ambulatoire), notamment pour les patients inclus dans les études cliniques (lundi, mardi, mercredi matin), ensuite passage dans le service pour voir les patients hospitalisés. Consultation les mardi et mercredi après-midi, vendredi matin. Réunions de concertation pluri-disciplinaires le lundi fin d’après-midi (sarcome), le mardi fin d’après-midi (urologie). Point fixe de médecine oncologique avec les internes et les jeunes médecins le vendredi après-midi. C’est assez rempli. Et bien sûr, il y a aussi les fonctions de « chef » depuis cet été ; mais je suis bien entouré. Le jeudi est à part. J’essaie de travailler sur nos projets de recherche, sur la rédaction des protocoles, l’analyse et l’interprétation des résultats.

 Quelles sont les satisfactions/enrichissements que vous tirez de votre investissement dans le domaine des sarcomes ?

J’ai le sentiment de contribuer à l’amélioration des connaissances médicales dans ce domaine. J’ai aussi le sentiment d’apporter une réelle aide aux patients, basée sur l’expérience acquise par le groupe. C’est comme si j’étais le représentant d’un réseau d’expertise.

Les principales difficultés / frustrations ?

J’aimerais pouvoir passer plus de temps à enseigner, transmettre et participer à plus de réunions à l’extérieur.

Avez-vous une soupape de décompression ? Si oui, laquelle ? 

Oui, je cours. J’essaie deux fois par semaine.

New-York 2011

Quels sont vos projets professionnels dans les années à venir ?

Il y a deux choses qui m’importent. J’aimerai construire une équipe de recherche autour de la méthodologie des essais cliniques en y intégrant la dimension médico-économique. L’autre défi est d’affronter la pyramide des âges, les départs en retraite et de maintenir la cohérence de notre équipe médicale. Nous aurons beaucoup de médecins à recruter dans les toutes prochaines années. Mais, les tous derniers arrivés (un jeune chirurgien, un jeune médecin généraliste) sont d’excellentes recrues. Et tous les deux ont su très vite s’investir dans la prise en charge des sarcomes.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un jeune médecin qui souhaiterait s'impliquer dans les sarcomes ?

Fonce…