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Dr Charles Honoré, Chirurgien viscéral à l'Institut Gustave Roussy (Villejuif)

Dr Charles Honoré  

Le Dr. Charles Honoré, 36 ans, est chirurgien viscéral à l’Institut Gustave Roussy et assistant spécialiste des Centres de Lutte Contre le Cancer (CLCC).

Ayant fait ses études de médecine ainsi que la quasi-totalité de son internat à l’Université de Liège en Belgique, rien ne prédisposait ce jeune médecin à venir exercer en France jusqu’à ce qu’en 2006, il ait l’opportunité de passer une année à Paris en tant que "Faisant Fonction d’Interne" dans le service de Chirurgie Générale Carcinologique de l’Institut Gustave Roussy (Dr. Elias) et au Centre Hépato-Biliaire de l’hôpital Paul Brousse (Pr. Castaing).

C’est au cours de ce premier semestre que le Dr. Honoré établit un premier contact avec l’Institut Gustave Roussy au sein duquel il aura ensuite l’opportunité de revenir en 2009 comme chercheur (Master 2 en sciences chirurgicales) puis comme Chef de Clinique. Après ses deux années de clinicat, c’est en septembre 2012 que l’Institut Gustave Roussy lui offre finalement un poste de titulaire à temps plein.

C’est également au cours de son clinicat que le Dr. Honoré a commencé à s’intéresser aux sarcomes et à développer son expertise au contact du Dr. Bonvalot. Pour Info Sarcomes, le Dr Honoré se livre pudiquement sur son parcours : portrait d'un jeune chirurgien passionné par les gens, et son métier...

 

A quand remonte votre envie de faire de la chirurgie ?

L’envie remonte au début de mes études de médecine. Il faut dire aussi que j’ai une forte hérédité dans le domaine puisque mon père et mon grand-père étaient tous deux chirurgiens. Ce qui m’a finalement conforté dans l’idée, c’est ma rencontre avec mon premier professeur de chirurgie à Liège, le Pr. Nicolas Jacquet qui m’a vraiment donné goût à cette spécialité par son amour du travail bien fait, sa conscience professionnelle mais aussi par ses qualités humaines tant avec ses patients qu’avec ses collègues. Atteint d’une maladie grave, il a montré un courage exceptionnel en continuant à enseigner et à opérer jusqu’à la fin. Je lui dois énormément.

Quelle a été votre principale motivation quant au choix de faire de la chirurgie oncologique, et plus particulièrement de la chirurgie spécifique aux sarcomes ?

Ma rencontre avec le Pr. Jacquet a certes beaucoup contribué à ma décision. La chirurgie oncologique est un domaine dans lequel la contribution du chirurgien peut apporter le plus aux gens qu’il traite. C’est également un domaine qui fait appel à des compétences techniques et intellectuelles de haut niveau. C’est là que j’avais l’impression de pouvoir faire la différence auprès des gens que je pouvais être amené à traiter.

Mon investissement dans le domaine du sarcome fait suite à un concours de circonstances bienheureuses. Ce n’est pas ce que j’avais envisagé au départ mais lors de mon clinicat l’Institut Gustave Roussy, j’ai eu l’occasion au fur et à mesure de découvrir cette spécialité auprès du Dr Bonvalot, qui s’avère être passionnante. Les chirurgiens viscéraux généraux connaissent mal cette maladie et dès lors ne la traitent pas toujours de manière adéquate, ce qui peut avoir des conséquences dramatiques pour le patient. C’est un domaine dans lequel il reste énormément de choses à faire tant dans la formation des chirurgiens que dans l’élaboration des techniques et la diffusion de l’information.

Avez-vous un sarcome de prédilection ?

C’est une question surprenante ! Sincèrement, non. Simplement parce que l’on traite des gens, pas des maladies. Non, je n’ai pas de sarcome de « prédilection ». Je me rappelle des gens que j’ai opéré mais pas forcément de leur maladie.

Pouvez-vous nous décrire une journée type du Dr Honoré ?

J’arrive à l’IGR à 7h30 et je commence à faire ma visite qui se termine vers 8h15 et après, je passe prendre un café en salle de garde avec les internes. Cela permet de discuter de tout et de rien mais aussi de prendre connaissance de manière informelle des éventuels problèmes qui devraient être réglés dans la journée. De 8h30 à 9h00, je travaille dans mon bureau. A 9h00, je descends au bloc opératoire jusqu’à 18-19h00 en fonction des jours et du programme opératoire. A 19h00, je commence ma contre-visite, je relève mes mails puis j’essaie de lire un peu de littérature scientifique et souvent je quitte l’IGR vers 19h30-20h00. De plus, je passe entre les opérations dans les départements pour donner des avis, j’essaie aussi de répondre à mes mails et à des appels téléphoniques de patients… Bref, voilà ma journée type.

Quelles sont les satisfactions et les enrichissements que vous tirez de votre métier ?

C’est vraiment le sentiment de rendre leur vie aux gens. La chirurgie apporte cette magnifique opportunité de permettre de manière ponctuelle et en quelques heures, une guérison.

Je n’ai jamais autant de satisfaction que lorsqu’un patient revient me voir en consultation plusieurs années après sa chirurgie et qu’il me dit : «  Docteur, si je suis encore là, c’est grâce à vous. Pendant toutes ces années, j’ai pu faire énormément de choses et je vous en remercie ». Je pense que rien ne peut remplacer cela.

Quelles sont les principales difficultés / frustrations ?

C’est justement lorsque malgré tout ce que nous avons essayé de faire, la situation nous échappe, la maladie progresse ou  qu’elle est déjà trop avancée pour guérir. L’annoncer aux gens est systématiquement un crève-cœur, surtout lorsqu’il s’agit de patients jeunes. On est régulièrement amenés à expliquer que même en 2013, la médecine et la chirurgie ont leurs limites, qu’on ne peut pas tout faire et que, malheureusement, nous restons énormément tributaires de la maladie. Dans le domaine des sarcomes, un autre facteur intervient fréquemment, c’est la qualité de la prise en charge initiale qui est capitale. Lorsqu’un patient n’est pas traité de façon optimale dès le départ, les conséquences peuvent être dramatiques et la prise en charge ultérieure beaucoup plus difficile, voire inutile et cela même dans un centre expert.

La plupart des médecins ont une soupape de décompression. Quelle est la vôtre ?

Je ne sais pas si je dois vraiment en parler…

Ma soupape de décompression, je l’ai trouvée dans les sports de combat lorsque j’étais interne et principalement dans le Krav Maga. Je suis actuellement ceinture marron, instructeur et je prépare ma ceinture noire. Mes entrainements m’ont permis à la fois d’exercer une activité physique intense mais aussi pendant deux à trois heures par semaine, de complètement oublier l’hôpital et les malades et ainsi de pouvoir un tout petit peu me recentrer sur moi-même. C’est aussi une activité grâce à laquelle j’ai pu rencontrer des gens fantastiques qui m’ont beaucoup apporté, des gens qui n’évoluent pas nécessairement dans le domaine de la médecine, et que je n’aurais probablement jamais eu l’occasion de rencontrer en d’autres circonstances mais aussi des gens qui faisaient simplement ça pour les mêmes raisons que moi. C’est la seule activité que j’ai pu poursuivre durant toutes mes études de médecine. Je continue à la pratiquer très régulièrement.

Ca peut paraître bizarre mais passer une heure à essayer d’éviter des coups, et à en donner, m’aide beaucoup à décompresser quand les journées ont été particulièrement difficiles.

  Instructeur Krav Maga Charles Honoré

 

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Je débute ma carrière à l’Institut Gustave Roussy et je vais continuer à m’investir progressivement dans les tâches qui m’ont été confiées, à la fois dans le domaine du sarcome mais aussi dans le domaine de la chirurgie digestive. Pour le moment, je navigue entre ces deux spécialités bien qu’à terme, ce cumul d’activités puisse devenir difficile. Il faudra donc un jour faire un choix mais d’ici là, je profite de chaque jour à l’Institut Gustave Roussy et de toutes les satisfactions que m’apportent les patients.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune chirurgien qui souhaiterait s’engager dans le domaine des cancers rares ?

Dans le domaine des sarcomes, les techniques chirurgicales sont accessibles à n’importe qui. N’importe quel chirurgien viscéral est capable de réséquer correctement un sarcome. Le problème, c’est souvent la méconnaissance du geste à réaliser suite à l’absence d’enseignement en France de cette pathologie lors de la formation chirurgicale. Pour acquérir ces compétences techniques et intellectuelles, la seule solution pour un jeune chirurgien est de séjourner plus ou moins longtemps dans un des grands centres de référence ou la diversité pathologique est suffisante et où la chirurgie réalisée est adéquate. Ce n’est pas une spécialité qui peut s’apprendre en opérant 2 cas par an ou exclusivement dans les livres sans risquer de faire courir un risque aux patients. Ce sont des chirurgies qui peuvent toucher n’importe quelle partie du corps. Cela signifie qu’il faut être capable de retirer un rein aussi aisément qu’un côlon, faire une dissection vasculaire sur une cuisse un jour et passer à une chirurgie thoracique le lendemain. Une solide formation en chirurgie générale est donc à mon sens un prérequis impératif avant d’envisager cette spécialisation.

Vous participez activement au programme de formation eSURGE(*). Pensez-vous qu’un programme comme celui-ci puisse contribuer à jouer ce rôle ?

Dr Honoré et Dr Bonvalot  

Un programme comme eSURGE est capital, strictement nécessaire mais pas suffisant.

Il offre aux chirurgiens expérimentés l’opportunité unique de se retrouver et de partager leurs expériences et de les confronter aux situations cliniques exposées, incluant les aléas du direct.

Aux chirurgiens novices, eSURGE permet d' apporter une sensibilisation à la thématique des sarcomes bien qu'il ne suffise pas à remplacer une formation théorique et pratique indispensable au sein d’un centre de référence,  dans une équipe multidisciplinaire et au côté d’un chirurgien expert.

 

 

(*) : "eSURGE" est un programme de formation européen, élaboré par le Dr Sylvie Bonvalot (Villejuif), spécifiquement dédié à la chirurgie des sarcomes. La prochaine édition de ce programme de formation des chirurgiens, notamment sponsorisé par Info Sarcomes, se déroulera les 13 et 14 octobre 2014 à Villejuif.